Risque incendie des panneaux intégrés : sécurisez votre toiture avant qu'un défaut ne s'aggrave
Les installations intégrées au bâti posées entre 2006 et 2018 concentrent une part notable des sinistres photovoltaïques. Comprendre d'où vient le risque permet de le contrôler calmement, avec des mesures simples et non destructives.
Vérifié le 1er novembre 2026 par Nicolas Demiel, fondateur d'Avenir EcoEn bref
Un panneau intégré remplace les tuiles ou l'ardoise : il est posé au plus près de la charpente, avec peu de ventilation. Selon l'AQC, les incendies viennent surtout de boîtiers de jonction défaillants et de connecteurs incompatibles qui chauffent. Une thermographie et une mesure d'isolement repèrent ces points avant qu'ils ne deviennent dangereux.
Sécurité : ne montez pas sur le toit et ne touchez ni aux câbles ni aux connecteurs. En journée, le courant continu produit par les panneaux reste présent même quand l'onduleur et le disjoncteur sont coupés.
Pourquoi le risque est plus élevé en intégration
Le risque incendie n'est pas propre aux panneaux intégrés, mais leur mode de pose cumule plusieurs facteurs défavorables. Dans son étude de 2013 menée avec Saretec sur 195 expertises de toitures photovoltaïques posées entre 2008 et 2012, l'AQC a relevé 38 incendies, soit 19,5 % des dossiers, dont 24 liés à un défaut du produit lui-même.
En 2018, l'AQC et la C2P ont décrit une sinistralité « importante et récurrente » des procédés intégrés et en ont détaillé les causes.
Ventilation
Une lame d'air trop faible
Sous un module intégré, l'espace ventilé est souvent réduit. La chaleur s'évacue mal et les composants électriques travaillent plus chaud qu'en surimposition.
Baisse de production en intégréMatériaux
Des matériaux combustibles proches
Liteaux, voliges, isolant ou écran sous toiture peuvent se trouver à quelques centimètres des boîtiers. Un échauffement local a alors de quoi se propager.
Boîtiers
Des boîtiers de jonction fragiles
L'étude de 2013 a recensé 19 incendies sur les boîtiers d'un même procédé. Un boîtier mal conçu ou dégradé peut produire un arc électrique.
Défaut électrique : diagnosticConnectique
Des connecteurs de marques différentes
Selon l'AQC (2024), des connecteurs mâle et femelle de marques différentes voient leur résistance de contact augmenter de 20 à 150 % en vieillissant et peuvent atteindre environ 150 °C, contre 30 à 33 °C pour une paire identique.
Les signes d'alerte à ne pas ignorer
Un départ de feu est rarement soudain : il est souvent précédé de signaux électriques ou visuels. Aucun ne signifie à lui seul un danger imminent, mais chacun justifie un contrôle.
1
L'onduleur affiche un défaut d'isolement ou se déconnecte de façon répétée, surtout par temps humide.
2
Le disjoncteur ou le différentiel de l'installation solaire déclenche sans raison apparente.
3
La production d'une chaîne de panneaux baisse nettement par rapport aux autres ou aux années précédentes.
4
Vous remarquez depuis le sol une trace brunie, une déformation ou une décoloration sur un module.
5
Une odeur de plastique chaud ou de brûlé se fait sentir dans les combles, près de la toiture.
6
Vous observez des traces de rongeurs, des câbles qui pendent ou un câble frotté dans les combles.
En cas d'odeur de brûlé, de fumée ou de crépitement : coupez l'onduleur et le disjoncteur solaire au tableau, éloignez-vous et appelez les pompiers en précisant qu'il s'agit d'une installation photovoltaïque.
Les contrôles qui permettent de lever le doute
Les recommandations de l'AQC reposent sur des mesures non destructives, réalisées par un technicien habilité, sans dépose de la couverture dans la plupart des cas.
La thermographie infrarouge, réalisée en production par temps ensoleillé, met en évidence les points chauds : boîtier, connecteur ou cellule qui chauffe anormalement. La mesure d'isolement vérifie que le courant continu ne fuit pas vers la masse ou la charpente. Le traceur de courbe I-V compare chaque chaîne de panneaux à ses caractéristiques attendues.
Si un connecteur incompatible ou un boîtier fatigué est identifié, le remplacement par des connecteurs de même marque et de même type, sertis avec le bon outil, suffit souvent à supprimer le point chaud. Le contrôle se fait selon le guide UTE C15-712-1. Nos techniciens salariés interviennent sur toutes les marques, y compris quand l'installateur d'origine n'existe plus.
Un doute sur votre installation intégrée ? Un technicien vous rappelle sous 24 h ouvrées.
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FAQ
Questions fréquentes
Mes panneaux intégrés vont-ils forcément prendre feu ?
Non. La grande majorité des installations intégrées fonctionnent sans incident. Le risque est plus élevé qu'en surimposition à cause du manque de ventilation et de certains composants, mais un contrôle permet de savoir où en est la vôtre.
À quelle fréquence faire contrôler une installation intégrée ?
L'AQC recommande un contrat de maintenance pour ces procédés. Un contrôle régulier, et systématiquement après un défaut d'isolement, un orage ou une baisse de production inexpliquée, est une bonne pratique.
La thermographie oblige-t-elle à démonter les panneaux ?
Non. Elle se fait à distance avec une caméra infrarouge, pendant que l'installation produit. Elle repère les points chauds sans toucher à la couverture.
Mon assurance couvre-t-elle un incendie d'origine photovoltaïque ?
En général, l'incendie fait partie des garanties de l'assurance habitation, à condition que l'installation ait été déclarée. Les conditions varient : vérifiez votre contrat, votre assureur confirmera.
Dans le guide
Intégré ou surimposé
Sinistres photovoltaïques : les études AQC
Fuites, incendies, pannes : ce que disent les chiffres de l'AQC.
Intégré ou surimposé
Passer de l'intégration à la surimposition
Quand reprendre la couverture, et ce qu'il faut vérifier avant.
Pannes et symptômes
Disjoncteur photovoltaïque qui saute
Défaut d'isolement, onduleur, différentiel : les causes et la marche à suivre.