Sinistres photovoltaïques : protégez votre toiture grâce aux leçons des études AQC

Depuis 2012, l'Agence qualité construction recense les désordres des installations solaires en toiture. Ses études montrent des sinistres répétitifs, liés à quelques procédés et à des chantiers vite faits : de quoi savoir quoi surveiller sur la vôtre.

Vérifié le 1er novembre 2026 par Nicolas Demiel, fondateur d'Avenir Eco

En bref

Selon l'étude AQC/Saretec de 2013, portant sur 195 expertises d'installations en toiture posées entre 2008 et 2012, les défauts d'étanchéité représentent 58,5 % des sinistres, devant les incendies (19,5 %) et les pannes électriques (15,9 %). Beaucoup de désordres sont sériels : un même procédé ou un même produit revient d'un dossier à l'autre.

L'étude AQC/Saretec de 2013 en chiffres

Le rapport du 18 octobre 2013 s'appuie sur 195 expertises d'installations photovoltaïques en toiture posées entre 2008 et 2012 : 143 en intégration simplifiée, 48 en intégration au bâti et une seule surimposée. Il porte donc presque entièrement sur des procédés intégrés.

Selon l'AQC, la plupart des sinistres surviennent dans les 24 mois qui suivent les travaux : ce sont d'abord des défauts de conception et de mise en œuvre, pas d'usure.

58,5 %

Défaut d'étanchéité

114 dossiers sur 195. Plus de la moitié des installations n'avaient pas d'écran sous toiture, et les abergements sont la première cause de fuite.

Fuite sous panneaux intégrés

19,5 %

Incendie

38 dossiers, dont 24 dus à un défaut du produit lui-même, souvent au niveau des boîtiers de jonction.

Risque d'incendie en intégré

15,9 %

Dysfonctionnement électrique

31 dossiers, dont 19 liés à un défaut du produit. Ce sont les pannes qui arrêtent la production sans dégât visible.

Diagnostic électrique

9,7 %

Rupture de modules

19 dossiers de panneaux cassés ou fissurés, qui exposent ensuite le câblage et l'isolant à l'humidité.

Panneau cassé ou fissuré

L'étude souligne aussi qu'un incendie est de loin le sinistre le plus lourd à réparer, et que la disparition de l'installateur rend la remise en état plus compliquée. D'où l'intérêt de faire contrôler une installation intégrée avant que le désordre ne s'aggrave.

Des sinistres en série, par procédé et par entreprise

Le point le plus frappant de l'étude est le caractère sériel des désordres. Selon l'AQC, 22 fuites concernent un même procédé, dont la membrane se déchirait sous les panneaux ; 19 incendies et 10 pannes électriques proviennent des boîtiers d'un même procédé.

Les entreprises aussi se répètent. Sur 122 installateurs constitués en SARL ou EURL, 40 avaient été liquidés ou radiés 24 à 48 mois après les travaux, et environ un quart des chantiers avaient été sous-traités. Beaucoup de propriétaires se retrouvent ainsi sans interlocuteur au moment où le problème apparaît.

En décembre 2024, l'AQC indique avoir reçu plus de 600 rapports sur le photovoltaïque intégré depuis 2012, dont environ 30 % de désordres électriques. Elle relève notamment qu'entre connecteurs de marques différentes, la résistance de contact augmente de 20 à 150 % après vieillissement, avec des températures pouvant atteindre environ 150 °C, contre 30 à 33 °C pour des connecteurs identiques.

Ce qu'il faut en retenir pour votre installation

Ces chiffres ne signifient pas que toute installation intégrée va fuir ou brûler. Ils indiquent où regarder en priorité, et l'AQC elle-même recommande des contrôles réguliers.

1

Retrouvez la date de réception des travaux et le nom du procédé : ils déterminent les garanties encore possibles.

2

Inspectez les combles et les plafonds sous le champ solaire, surtout après de fortes pluies.

3

Faites contrôler les connecteurs : même marque, même type, sertis au bon outil, comme le recommande l'AQC.

4

Demandez des mesures d'isolement et, si besoin, une thermographie ou un relevé au traceur I-V.

5

Comparez votre production d'une année sur l'autre : une baisse régulière peut signaler un échauffement ou un défaut de chaîne.

6

Si l'installateur a disparu, gardez son attestation d'assurance décennale : l'assureur peut rester tenu.

Avenir Eco réalise ces contrôles avec ses techniciens salariés, sans sous-traitance, sur toutes les marques et tous les procédés, y compris ceux dont le fabricant ou l'installateur a disparu.

Votre procédé fait partie des installations à risque ? Un technicien vous rappelle sous 24 h ouvrées.

Diagnostic gratuit, toutes marques, sans sous-traitance, en Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor, Finistère, Morbihan, Loire-Atlantique, Mayenne et Manche.

FAQ

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'AQC ?

L'Agence qualité construction est une association qui observe les désordres du bâtiment à partir des rapports d'expertise, et publie des recommandations pour les éviter. Ses travaux sur le photovoltaïque sont menés avec la C2P, la commission qui suit les techniques de construction.

Les installations surimposées sont-elles concernées ?

Très peu dans l'étude de 2013, qui ne comptait qu'une installation surimposée sur 195. Les risques électriques, connecteurs, boîtiers, onduleur, existent quel que soit le mode de pose ; l'étanchéité dépend surtout, en surimposition, des percements et de la couverture autour des crochets.

Les coûts cités par l'étude correspondent-ils à une réparation aujourd'hui ?

Non. Ce sont des moyennes observées sur les dossiers expertisés en 2013. Le coût réel d'une intervention dépend de l'état de la toiture, du procédé et des dégâts : seul un diagnostic permet de le préciser.

Comment savoir si mon procédé fait partie des procédés sinistrés ?

Les études ne publient pas de liste nominative de procédés. Un technicien peut identifier votre système d'intégration, vérifier l'état des membranes, boîtiers et connecteurs, et vous dire s'il présente les faiblesses décrites par l'AQC.

Vérifié le 1er novembre 2026 par Nicolas Demiel, fondateur d'Avenir Eco, dans le photovoltaïque depuis 2009.